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Saint-Maurice, ville d'Histoire Saint-Maurice, c'est d'abord Acauno (1), bourgade celtique, chef-lieu de la tribu des Nantuates. Sa position stratégique de verrou, à l'entrée de la vallée du Haut-Rhône la signale à l'attention des Romains : lors de la conquête (2), ils y établissent une garnison militaire et un poste de douane où sera perçu l'impôt du 'Quarantième des Gaules' sur les marchandises transitant d'Italie en Gaule.
Sise sur la grande route conduisant de Rome en Germanie et en Gaule par le col du Mont-Joux (3), la cité vit défiler de nombreuses légions en déplacement dans l'Empire romain. L'une d'elle allait la rendre célèbre : Maurice, chef d'un détachement de la Légion Thébaine (ou Thébéenne) devait y subir le martyre pour sa fidélité au Christ, vers la fin du IIIe siècle, avec tous ses soldats. Les restes de saint Maurice et de ses Compagnons furent recueillis à la fin du IVe siècle par saint Théodore (4), premier évêque du Valais. Un sanctuaire fut édifié au pied du rocher. C'est là qu'en 515 saint Sigismond, roi des Burgondes, devait réunir cinq groupes de moines destinés à chanter la louange perpétuelle du Seigneur. Cette date marque la fondation de l'Abbaye de Saint-Maurice, le plus ancien monastère d'Occident. Dès leur origine, le premier sanctuaire, puis l'Abbaye devinrent un lieu très fréquenté par les pèlerins de Gaule, d'Italie et de Germanie. Les rois mérovingiens et carolingiens en furent les protecteurs très intéressés: c'est qu'elle gardait l'entrée des cols alpins conduisant en Italie. Vers 824, les moines y furent remplacés par des chanoines et, en 1128, par des chanoines réguliers, vivant la règle de saint Augustin - ils exercent toujours un ministère partagé entre l'office du chœur, l'enseignement et les diverses tâches pastorales. Le rayonnement de l'Abbaye attira non seulement des pèlerins, mais également des résidents. Ainsi l'histoire de la ville de Saint-Maurice est-elle intimement liée à celle de son Abbaye. C'est vers la fin du IVe siècle que le monastère et la ville prirent le nom d'Agaune. Au IXe siècle, on y ajouta le nom du chef de la 'légion' massacrée pour sa foi – Maurice – depuis lors, on les appela la Ville et l'Abbaye de Saint-Maurice d'Agaune. Si elle participa au renom attaché au monastère, la ville connut aussi des évènements et des risques inhérents à sa situation stratégique. C'est ainsi qu'elle fut saccagée par les Lombards en 574, puis par les Sarrasins au milieu du Xe siècle. Elle devait être le témoin de la fondation du IIème Royaume de Bourgogne (5): Rodolphe Ier fut sacré roi à l'Abbaye en 888. Après 1032, la ville passa sous l'autorité de la Maison de Savoie, dont elle allait devenir une châtellenie. Une bourgeoisie y est connue par un document de 1170 environ. Au XIIIe siècle, elle reçoit ses lettres de franchise des comtes de Savoie. Dès la fin du XVe siècle, après la conquête des Valaisans, la ville est le siège du gouverneur du Bas-Valais (6).
En 1798, l'indépendance du Bas-Valais est proclamée: les représentants du Haut et ceux du Bas, réunis à Saint-Maurice, se proposent de constituer la République du Valais: Saint-Maurice deviendra un chef-lieu de dizain (district). Sur l'intervention du Directoire (7), le Valais est incorporé de force à la 'République Helvétique' nouvellement créée par la France. Le Haut-Valais s'insurge contre le nouveau régime et la présence des armées d'occupation française. En 1802, devant la résistance massive du peuple, Napoléon Bonaparte proclame la République du Valais. En 1810, il incorpore le Valais à son Grand Empire et jusqu'en 1814, Saint-Maurice sera une sous-préfecture du Département du Simplon (Valais).
En 1815, le Valais rejoint la nouvelle Confédération Helvétique: Saint-Maurice sera dès lors le chef-lieu de l'un des treize districts. Saint-Maurice est aujourd'hui le siège de plusieurs maisons religieuses et établissement d'instruction; le culte de saint Maurice, la Basilique et son Trésor (8), ses Grottes naturelles, son Château et son musée, ses Fortifications lui assurent un large renommée.
(1) Acauno, latinisé en Acaunus, puis en Acaunum et enfin en Agaunum. (2) Sous le règne de César-Auguste, au 1er siècle de l'Empire. (3) Grand-St-Bernard (Mons Jovis: Mont de Jupiter). (4) Ou Théodule. (5) Lors du deuxième partage de l'Empire Carolingien. (6) Au lendemain des guerres de Bourgognes (1474-1478), le Bas-Valais, de la Morge de Conthey à Massongex, devient sujet des Sept Dizains du Haut et de l'Evêque de Sion. Saint-Maurice (le château) devient la résidence du gouverneur. (7) Directoire: gouvernement de la République français de 1795 à 1798. (8) En particulier l'orfèvrerie médiévale. Pour l'Association du Vieux-Saint-Maurice Raymond BERGUERAND |